Chalef épineux
Elaeagnus pungens
Famille · Elaeagnaceae
Le chalef épineux (Elaeagnus pungens) tolère presque tout, soleil, ombre, sol pauvre, mais se ressème vite : à tailler juste après sa floraison d'automne.
Elaeagnus pungens
Fiche technique
- ArrosagePeuArrosez tous les 10 jours
- Exposition lumineuseSoleil partiel
- Température idéale-15–35 °C
- Zone de rusticitéUSDA 7–9
Croissance
- Famille
- Elaeagnaceae
- Cycle
- Vivace
- Vitesse de croissance
- 7/10
- Taille adulte
- 400–800 cm
- Diamètre du houppier
- 400–800 cm
- Floraison
- Fleurs parfumées en automne, fruits mûrissant le printemps suivant
- Multiplication
- Semis
- Bouturage
Dormancepersistant, sans véritable dormance hivernale
Temps de maturation10-20 ans pour atteindre sa taille définitive
Sol et climat
- Types de sol
- sable, terreau, argile, calcaire
- Sol salin
- Toléré
- Tolérance à la sécheresse
- Oui
Lumière & Emplacement
- Origine
- Centre-est et sud-est de la Chine, Corée du Sud, centre-sud et sud du Japon
- Où l'installer
- bordure ensoleillée ou légèrement ombragée
- haie ou écran côtier
- clôture abritée ou exposée
- compost bien drainant à base de terreau, dans un grand contenant tant qu'il est jeune
Sécurité
- Sans danger pour les animaux
- Oui
ToxicitéNon répertorié par l'ASPCA ; des sources universitaires le décrivent comme non toxique
Espèce envahissanteNaturalisé et classé envahissant dans certaines régions du sud-est des États-Unis (Alabama, Floride, Géorgie, Caroline du Sud, Virginie) ; les oiseaux dispersent les graines, évitez donc de le planter près des lisières boisées et retirez les tiges fructifères s'il se ressème spontanément.
Données :Elaeagnus pungens Thunb., GBIF Backbone Elaeagnus pungens Thunb., Plants of the RHSElaeagnus pungens (Silverthorn, Thorny E
Où elle pousse
Répartition mondiale
Chalef épineux est native de 4 pays : Chine, Corée du Sud, Japon et Tadjikistan.GBIF recense 8 837 identifications documentées dans 34 pays, avec les plus fortes concentrations en États-Unis, Japon et Chine.
- Chine
- Corée du Sud
- Japon
- Tadjikistan
Points jaune-orange : concentration d'identifications documentées par pays. Pays verts : aire native sourcée. Source GBIFAire native d'après POWO (Kew).
Feuillage persistant, dense et coriace, luisant sur le dessus et piqueté de brun argenté au revers : voilà à quoi ressemble le chalef épineux, Elaeagnus pungens, une fois installé. Ses branches raides se terminent souvent par une pointe acérée, une surprise désagréable au moment de la taille à mains nues. La Chine du centre-est et du sud-est, la Corée du Sud et le sud du Japon sont ses terres d'origine, mais c'est sa capacité à tout encaisser qui lui a ouvert les jardins occidentaux : soleil ou ombre partielle, sols variés, embruns et vent marin ne le perturbent pas. Le revers de cette résistance, c'est qu'il a fini par sortir des jardins pour coloniser des terrains sauvages dans certaines régions des États-Unis. La question à se poser avec cette plante n'est donc pas de la maintenir en vie, mais de l'empêcher de partir ailleurs.
D'où il vient, et pourquoi il s'échappe
Elaeagnus pungens pousse naturellement dans le centre-est et le sud-est chinois, sur le mont Miruk en Corée du Sud, et dans le sud du Japon jusqu'au centre-sud de l'archipel, en lisière de forêt, dans les sous-bois et les fourrés. Au XIXe siècle, les jardiniers l'ont choisi précisément pour les qualités qui inquiètent aujourd'hui les écologues : un enracinement facile, une tolérance à l'ombre profonde égale à celle du plein soleil, et des fruits que les oiseaux avalent puis répandent sur de grandes distances. Il s'est depuis naturalisé dans le sud-est américain, classé espèce envahissante en Alabama, en Floride, en Géorgie, en Caroline du Sud et en Virginie, avec une présence confirmée dans au moins trois parcs nationaux. Au moment de planter, éloignez-le des lisières et des haies champêtres, là où un oiseau pourrait laisser tomber une graine ; pour un vieux sujet jamais entretenu, parcourez le sol alentour chaque printemps à la recherche de semis avant qu'ils n'aient eu le temps de s'enraciner en profondeur.
Lumière : à l'aise du plein soleil à l'ombre
Rares sont les arbustes persistants qui fleurissent aussi fidèlement en plein soleil tout en supportant, avec une croissance plus discrète, une ombre dense au point de freiner la plupart des feuillages persistants à grandes feuilles. Sa rusticité complète, notée H5 par le RHS, descend jusqu'à -15, -10 °C environ, et il accepte n'importe quelle exposition : nord, sud, est, ouest, abrité ou en plein vent. Une telle tolérance à l'ombre rend service contre un mur au nord ou dans une bordure mixte, mais c'est justement ce qui lui permet de s'infiltrer sous une canopée et de faire concurrence à des arbustes indigènes plus exigeants en lumière. Pour un isolé ou une haie, visez plein soleil à mi-ombre : la croissance y sera plus dense et la floraison plus généreuse. Réservez l'ombre profonde à un usage d'écran, là où fleurir n'a pas vraiment d'importance.
Le sol lui importe peu, même en bord de mer
Peu de sols lui résistent : du sable à l'argile en passant par le calcaire, avec un pH acide, neutre ou alcalin, tout lui convient, et le RHS le juge tout aussi capable de pousser en sol frais et drainé qu'en terrain franchement sec. Le seul point de vigilance concerne un calcaire très peu profond : les feuilles peuvent alors jaunir entre les nervures, signe que les racines n'arrivent pas à traverser la couche calcaire. Insensible au vent salé, il figure parmi les choix classiques pour une haie ou un écran en bord de mer, là où des persistants plus délicats grillent chaque hiver. Pour une nouvelle plantation, ouvrez un trou deux fois plus large que la motte et remplissez avec la terre d'origine plutôt qu'un compost enrichi : ce dernier n'aurait pour effet que d'encourager des racines superficielles qui tournent en rond dans le trou.
Arrosage : une bonne installation, puis on n'y touche plus
La première saison suivant la plantation, arrosez en profondeur une à deux fois par semaine, le temps que les racines colonisent un volume plus large que la motte initiale. Ensuite, le RHS le range parmi les arbustes qui tolèrent la sécheresse : un sujet bien enraciné se satisfait des pluies dans la majorité des climats tempérés, et ne réclame un coup de pouce qu'en cas de canicule prolongée ou en culture en pot, où le substrat drainant qu'il apprécie sèche aussi plus vite. Un excès d'eau sur un sujet installé cause plus de dégâts qu'un oubli d'arrosage : des racines noyées dans un sol lourd ouvrent la voie à l'armillaire.
Il fleurit en automne, fructifie au printemps
À l'inverse de la majorité des arbustes, celui-ci fleurit à l'automne plutôt qu'au printemps : ses petites clochettes crème argenté, groupées aux aisselles des feuilles, diffusent un parfum étonnamment puissant pour leur taille, qu'on peut sentir à plusieurs mètres par une journée sans vent. Les fruits qui suivent, des drupes ovales brun-rouge à rouge, arrivent à maturité au printemps d'après, entre fin mars et mai, accrochés sous le feuillage argenté. Les oiseaux les récoltent en un rien de temps, ce qui séduit les jardiniers soucieux de la faune tout en expliquant comment la plante colonise les terrains sauvages. N'oubliez pas non plus les épines rigides de 5 à 7 cm qui garnissent les tiges avant de mettre la main dans un sujet bien fourni.
Tailler au bon moment pour ne pas perdre la floraison
Les boutons floraux d'automne se forment sur le bois de l'année en cours, ce qui place cet arbuste dans le groupe de taille 9 selon le RHS : la coupe doit suivre immédiatement la fin de la floraison, en fin d'hiver, et non pas se faire au printemps ou en été, moment où l'on supprimerait justement les pousses porteuses des futures fleurs. Vigoureux et rapide, il peut atteindre 4 à 8 mètres en tous sens en une à deux décennies : la taille annuelle sert donc surtout à contenir sa taille pour une haie ou une bordure, plus qu'à le façonner. Prévoyez des gants épais et des manches longues, les épines traversant sans mal des gants de jardinage ordinaires.
Multiplier par bouture semi-aoûtée
Pour reproduire fidèlement un cultivar panaché reconnu, comme 'Maculata' ou 'Goldrim', le RHS conseille la bouture semi-aoûtée prélevée en été ; le semis fonctionne aussi bien, mais les plants issus de parents panachés reviennent presque toujours à un feuillage vert uniforme. Choisissez une pousse de l'année de 10 à 15 cm, déjà un peu raffermie à la base, ôtez les feuilles inférieures, puis faites-la raciner dans un substrat drainant, à l'abri des intempéries. Le système racinaire d'une bouture met du temps à se renforcer : rempotez-la par étapes plutôt que de la planter tout de suite à son emplacement final.
Nuisibles, maladies, et comment le tenir en respect
Cet arbuste tombe rarement malade : le psylle de l'éléagnus, un insecte piqueur-suceur qui déforme les jeunes pousses, reste le principal ravageur, et une plante affaiblie peut aussi attraper taches foliaires, rouille ou acariens. En sol mal drainé, armillaire et corticium sont les vraies menaces, signe d'un terrain trop humide plutôt que d'un défaut de la plante. À plus long terme, la priorité est de l'empêcher de devenir un problème en dehors du jardin : coupez les fleurs ou les tiges fructifères si les oiseaux s'y intéressent beaucoup, ne le laissez pas gagner un bois ou une haie voisine par semis spontané, et inspectez régulièrement les alentours à la recherche de jeunes pousses, sachant que sa tolérance à l'ombre lui permet de s'installer même sous d'autres arbustes. L'ASPCA ne référence pas cette espèce dans sa base de plantes toxiques et non toxiques, donc aucune évaluation officielle n'existe pour les chats, les chiens ou les chevaux ; certaines sources universitaires la disent sans danger, mais ce point reste à prendre comme une indication, pas une certitude.
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Le chalef épineux produit ses fleurs parfumées en automne plutôt qu'au printemps. Touchez pour révéler ✓ Vrai
Comme il fleurit sur les nouvelles pousses du printemps, le chalef épineux doit être taillé sévèrement au printemps ou en été. Touchez pour révéler ✕ Faux
Les oiseaux qui mangent et dispersent ses fruits ont contribué à rendre le chalef épineux envahissant dans certaines régions du sud-est des États-Unis. Touchez pour révéler ✓ Vrai
Le chalef épineux a besoin d'un arrosage régulier toute l'année et ne supporte pas les sols secs une fois installé. Touchez pour révéler ✕ Faux
Le chalef épineux tolère suffisamment bien le vent côtier et les embruns salés pour servir de haie en bord de mer. Touchez pour révéler ✓ Vrai
Sources
Références consultées pour ce guide
- Elaeagnus pungens Thunb., GBIF Backbone Taxonomygbif.org
- Elaeagnus pungens Thunb., Plants of the World Online (Kew)powo.science.kew.org
- RHS : Elaeagnus pungens (chalef épineux)rhs.org.uk
- Elaeagnus pungens (Silverthorn, Thorny Elaeagnus, Thorny Olive), NC State Extension Gardener Plant Toolboxplants.ces.ncsu.edu
- Fiche d'entité : Wikipédiafr.wikipedia.org
Historique des révisions
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