Benoîte commune
Geum urbanum
Famille · Rosaceae
Graines crochues, racine au parfum de girofle : la benoîte commune pousse à l'ombre sans qu'on la plante. Comment la reconnaître, la limiter, la tolérer.
Geum urbanum
Fiche technique
- ArrosageModéréArrosez tous les 10 jours
- Exposition lumineuseOmbre partielle
Croissance
- Famille
- Rosaceae
- Cycle
- Vivace
- Vitesse de croissance
- 6/10
- Taille adulte
- 50–100 cm
- Diamètre du houppier
- 10–50 cm
- Floraison
- Petites fleurs jaunes à cinq pétales, environ de mai à août
- Multiplication
- Semis
- Division
Dormancela rosette basale persistante subsiste tout l'hiver ; seules les tiges florales meurent après la formation des graines
Temps de maturationatteint la maturité florale en 2 à 5 ans
Sol et climat
- Types de sol
- calcaire, argileux, limoneux, sableux
- Tolérance à la sécheresse
- Non
Lumière & Emplacement
- Origine
- Europe jusqu'en Asie centrale et en Iran, et nord-ouest de l'Afrique
- Où l'installer
- massif ombragé
- pied de haie
- lisière de sous-bois
- coin sauvage ou favorable à la faune
Sécurité
- Toxicité
- HumainsSans danger
Espèce envahissanten'est pas une invasive réglementée ; indigène en Grande-Bretagne, en Irlande et en Europe continentale, et se propage localement par ressemis spontané plutôt que par racines traçantes
Où elle pousse
Répartition mondiale
Benoîte commune est native de 41 pays : Albanie, Algérie, Allemagne, Autriche, Belgique, Biélorussie, Bulgarie et Croatie….GBIF recense 1 053 546 identifications documentées dans 76 pays, avec les plus fortes concentrations en Royaume-Uni, France et Suède.
- Albanie
- Algérie
- Allemagne
- Autriche
- Belgique
- Biélorussie
- Bulgarie
- Croatie
- Danemark
- Espagne
- Estonie
- Finlande
Voir les 29 autres paysAfficher moins de pays
- France
- Géorgie
- Grèce
- Hongrie
- Irak
- Iran
- Irlande
- Italie
- Kazakhstan
- Kirghizstan
- Liban
- Maroc
- Norvège
- Ouzbékistan
- Pays-Bas
- Pologne
- Portugal
- Roumanie
- Royaume-Uni
- Russie
- Suède
- Suisse
- Tadjikistan
- Tchéquie
- Territoires palestiniens
- Tunisie
- Turkménistan
- Turquie
- Ukraine
Points jaune-orange : concentration d'identifications documentées par pays. Pays verts : aire native sourcée. Source GBIFAire native d'après POWO (Kew).
Une rosacée sauvage qui aime l'ombre profonde
Geum urbanum, appelée benoîte commune ou herbe bénite, est une petite vivace de la famille des rosacées qui semble jaillir de nulle part au pied d'une haie, sous un arbuste ou le long d'une allée sombre. Une rosette de feuilles déchiquetées et lobées, surmontée d'une petite fleur jaune penchée, installée dans un coin trop obscur pour la plupart des plantes de massif : il y a de grandes chances que ce soit elle. GBIF retient le nom Geum urbanum L., une espèce native d'Europe jusqu'en Asie centrale et en Iran, ainsi que du nord-ouest de l'Afrique. Personne ne la plante volontairement, mais elle pose rarement un vrai problème : comprendre son cycle de vie suffit, dans la plupart des cas, à la garder hors des massifs soignés tout en la laissant vivre là où elle ne dérange personne.
Rosette, fleur et petit grappin
Les feuilles basales, velues et découpées en lobes pennés, présentent un lobe terminal bien plus grand que les folioles secondaires qui bordent le pétiole ; elles forment une rosette persistante, verte tout l'hiver, à une période où la plupart des feuillages voisins ont disparu. Dès la fin du printemps, des tiges florales fines et ramifiées s'élèvent, de 50 à 100 cm sur un plant adulte, chacune garnie de petites fleurs jaunes à cinq pétales d'environ un centimètre, qui restent inclinées un moment avant de s'ouvrir tout à fait. La floraison court globalement de mai à août. Une fois les pétales tombés, chaque fleur se transforme en une boule serrée d'akènes, et chaque akène porte une soie raide, terminée en crochet : c'est tout le secret de dispersion de la plante, qui s'accroche au poil des chiens, aux manches en laine ou aux chaussettes pour voyager loin du pied mère. On la confond souvent au premier coup d'œil avec la potentille rampante ou la renoncule rampante, deux autres fleurs jaunes à cinq pétales fréquentes en pelouse et en massif ombragé, mais ni l'une ni l'autre ne produit de tête de graines crochues, et aucune n'a cette rosette velue et profondément découpée typique de la benoîte.
Pourquoi on l'appelle herbe bénite
Arrachez une racine de benoîte par temps sec et cassez-la : l'odeur qui s'en dégage évoque sans ambiguïté le clou de girofle, ce qui explique que les vieux herbiers la citent comme substitut de clou de girofle pour parfumer bière et ragoûts. Le nom herbe bénite vient d'une déformation de herba benedicta, herbe bénie, qui rappelle à quel point cette racine servait autrefois en médecine comme en cuisine, bien avant de finir reléguée au rang de mauvaise herbe de massif. Le parfum disparaît vite une fois la racine sèche, il ne se sent vraiment que sur du matériel tout juste déterré, ce qui offre une petite compensation en désherbant : une bouffée de girofle sur la binette confirme immédiatement ce qu'on vient d'arracher.
Un sol quelconque, mais de l'ombre absolument
La benoîte n'est pas difficile sur la nature du sol : elle pousse aussi bien en terre calcaire, argileuse, limoneuse ou sableuse, du côté acide comme du côté calcaire, pourvu que le sol garde un peu de fraîcheur. Ce qui compte vraiment pour elle, c'est la lumière : elle se développe le mieux à mi-ombre ou à l'ombre totale, sous une haie, au pied d'un mur, dans un massif orienté nord ou sous des arbustes à feuilles caduques, et elle peine nettement en plein soleil sec et chaud, où elle forme des rosettes moins nombreuses et plus chétives que dans un coin frais et sombre. Cette préférence explique en partie pourquoi elle colonise justement les zones où les jardiniers ont déjà du mal à faire pousser autre chose : l'ombre sèche sous un grand arbuste, ou l'ombre humide derrière une cabane de jardin, là où un couvre-sol plus recherché n'a jamais vraiment tenu.
Comment les graines à crochet se déplacent
Une seule tige florale porte facilement une douzaine de têtes de graines, voire plus, et comme les soies sont raides et réellement crochues, pas juste collantes, il suffit de traverser un massif en graines pour en récolter plusieurs sur un pantalon, une manche ou le pelage d'un chien, prêtes à tomber au prochain arrêt. Voilà pourquoi un envahissement de benoîte a souvent l'air dispersé, en taches, plutôt que concentré autour d'une touffe visible : des rosettes surgissent loin du pied mère, partout où une graine crochue a fini par se détacher. La plante ne file pas non plus agressivement par rhizome ; une colonie adulte n'est en réalité que la somme de nombreuses rosettes nées chacune d'une graine, ce qui change la façon de s'y attaquer.
La contenir dans un massif
L'arrachage à la main reste la méthode la plus fiable, surtout juste après la pluie, quand le petit enchevêtrement de racines fines se détache proprement à la binette à main au lieu de casser au niveau de la souche, un incident qui ne fait que relancer la plante. Couper les tiges florales avant que les têtes de graines ne mûrissent constitue le geste le plus rentable, à peine cinq minutes, qu'on puisse consacrer à cette adventice dans un massif entretenu, puisqu'il stoppe net la récolte de graines crochues de la saison avant même qu'elles ne s'accrochent à une manche. Pailler le sol nu une fois la zone nettoyée étouffe les semis encore en germination issus de graines tombées les années précédentes, et un couvre-sol dense tolérant l'ombre, planté à la place, prive les futures rosettes du sol nu dont elles ont besoin pour démarrer. Évitez le binage classique en surface : il coupe souvent la racine à un endroit qui repart de plus belle, transformant un seul plant en deux.
Quand mieux vaut la laisser en place
Dans les zones où la benoîte ne concurrence aucune plante cultivée, au pied d'une haie, dans une bande sauvage au fond du terrain ou un coin ombragé réservé aux espèces locales, la laisser pousser se défend tout à fait. Native de toute l'Europe, indifférente au type de sol, elle nourrit avec ses petites fleurs jaunes les pollinisateurs précoces sur une longue période, de mai à août, et sa rosette persistante en hiver maintient un couvert vert vivant à une saison où peu d'autres plantes en offrent autant dans un coin ombragé. Seuls les plants déjà fleuris dans un massif censé rester soigné méritent vraiment d'être arrachés ; ceux nichés au fond d'une haie, là où rien d'autre ne pousse, rendent service sans qu'on ait à lever le petit doigt.
Les erreurs à éviter
L'erreur la plus courante consiste à laisser traîner sur le massif une tige florale arrachée au lieu de la mettre au sac ou à la poubelle : une tige aux graines mûres ou presque peut encore relâcher des graines viables et crochues depuis le sol, exactement comme si elle était restée debout. Vient ensuite le binage d'une zone entière au lieu du déterrage à la fourche, qui coupe les racines au niveau de la souche et provoque une nouvelle vague de repousses plutôt qu'un vrai nettoyage. La troisième erreur consiste à croire qu'un massif ensoleillé a forcément besoin d'un traitement : la benoîte s'installe rarement durablement en plein soleil sec et dégagé, donc une colonie apparue là s'éclaircit généralement toute seule, sans intervention, et l'énergie est mieux dépensée dans les coins ombragés et humides où elle prospère vraiment.
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Les grappes de graines crochues de la benoîte commune s'accrochent au poil des animaux et aux vêtements pour se disperser. Touchez pour révéler ✓ Vrai
La benoîte commune perd tout son feuillage et meurt entièrement en hiver. Touchez pour révéler ✕ Faux
La racine fraîchement déterrée de la benoîte commune a un parfum proche du clou de girofle. Touchez pour révéler ✓ Vrai
La benoîte commune pousse mieux dans un massif chaud, sec et ensoleillé. Touchez pour révéler ✕ Faux
Supprimer les tiges florales de la benoîte commune avant que ses grappes de graines ne mûrissent réduit son ressemis spontané. Touchez pour révéler ✓ Vrai
Sources
Références consultées pour ce guide
- GBIF : Geum urbanum L.gbif.org
- Plants of the World Online (Kew) : Geum urbanumpowo.science.kew.org
- RHS : Geum urbanum (benoîte commune, herbe bénite)rhs.org.uk
- RHS Weeds : Herb Bennetrhs.org.uk
- Fiche d'entité : Wikipédiafr.wikipedia.org
Historique des révisions
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