Vergerette de Sumatra
Erigeron sumatrensis
Famille · Asteraceae
Erigeron sumatrensis, vergerette de Sumatra : ligules presque invisibles, nom tiré d'un spécimen indonésien alors que la plante vient d'Amérique latine.
Erigeron sumatrensis
Fiche technique
- ArrosageTrès peuArrosez tous les 21 jours
- Exposition lumineusePlein soleil
Croissance
- Famille
- Asteraceae
- Cycle
- Annuelle
- Vitesse de croissance
- 8/10
- Taille adulte
- Annuelle dressée à tige principale unique, ne se ramifiant que près du sommet
- Multiplication
- Semis
FloraisonPetits capitules crème à verdâtres aux ligules à peine visibles, produits pendant la saison chaude
DormanceAucune ; meurt après la montée en graines
Temps de maturationDe la graine à la graine en une seule saison de croissance
Sol et climat
- Types de sol
- sol perturbé, sol sec, caillouteux ou graveleux, bords de route et terrains vagues
- Tolérance à la sécheresse
- Oui
Lumière & Emplacement
- Où l'installer
- bords de route et accotements
- allées de gravier et fissures de pavage
- sol perturbé ou terrain vague
- bordures de champ
- pots extérieurs négligés (semée spontanément, non cultivée)
OrigineMexique jusqu'en Amérique du Sud tropicale (POWO) ; aujourd'hui naturalisée dans le monde entier, y compris en Europe
Sécurité
- Toxicité
- Non recensée par l'ASPCA ; aucune donnée de toxicité vérifiée pour cette espèce
- Sans danger pour les animaux
- Non
Espèce envahissanteMauvaise herbe naturalisée des sols perturbés hors de son aire native du Mexique à l'Amérique du Sud tropicale ; hybride documenté avec Erigeron canadensis en France (INPN)
Données :GBIFPlants of the World Online (Kew)International Plant Names IndexJepson eFlora (UC Berkeley)INPN (Muséum national d'Histoire naturel
Où elle pousse
Répartition mondiale
Vergerette de Sumatra est native de 18 pays : Argentine, Belize, Bolivie, Brésil, Colombie, Costa Rica, Équateur et Guatemala….GBIF recense 141 207 identifications documentées dans 142 pays, avec les plus fortes concentrations en France, Belgique et Pays-Bas.
- Argentine
- Belize
- Bolivie
- Brésil
- Colombie
- Costa Rica
- Équateur
- Guatemala
- Guyana
- Honduras
- Mexique
- Nicaragua
Voir les 6 autres paysAfficher moins de pays
- Panama
- Paraguay
- Pérou
- Salvador
- Uruguay
- Venezuela
Points jaune-orange : concentration d'identifications documentées par pays. Pays verts : aire native sourcée. Source GBIFAire native d'après POWO (Kew).
Une haute tige densément poilue, garnie de feuilles étroites vert grisâtre et surmontée de centaines de minuscules capitules crème qui n'évoquent jamais vraiment une marguerite ouverte : cette description correspond, la plupart du temps, à Erigeron sumatrensis, la vergerette de Sumatra. Personne ne la sème volontairement. Elle s'invite d'elle-même dans les allées de gravier, les potagers, les accotements et les pots laissés à l'abandon, pousse vite sur une seule saison, et produit ses graines avant que la majorité des jardiniers n'aient eu le temps de l'identifier. Avant toute chose, mieux vaut déterminer laquelle des trois vergerettes rudérales les plus courantes se dresse réellement devant vous : Erigeron sumatrensis, Erigeron canadensis (la vergerette du Canada) et Erigeron bonariensis (la vergerette poilue) se confondent sans arrêt les unes avec les autres.
Un nom partagé entre deux genres
Le Global Biodiversity Information Facility (GBIF) retient Erigeron sumatrensis Retz. comme nom accepté de cette espèce, la rangeant parmi les vraies vergerettes et les Erigeron de jardin. Toutes les flores de terrain ne suivent pas ce choix : la référence utilisée en Belgique et dans le nord de la France, citée par Tela Botanica, garde Conyza sumatrensis (Retz.) E.Walker, traitant Erigeron et Conyza comme deux genres séparés. Conyza sumatrensis n'est en réalité qu'une combinaison plus récente du même basionyme, publiée par E. Walker en 1971 d'après l'International Plant Names Index : les deux noms couvrent donc exactement la même plante. En comparant une vieille flore, une étiquette d'herbicide ou une flore régionale au référentiel GBIF, il faut s'attendre à croiser les deux appellations, parfois sur la même page.
Un nom latin venu du mauvais continent
L'épithète sumatrensis n'a aucun rapport avec l'origine véritable de la plante. D'après l'International Plant Names Index, Retzius l'a décrite en 1788 à partir d'un spécimen récolté à Sumatra, dans l'Indonésie actuelle. Plants of the World Online (Kew), lui, situe l'aire native réelle entre le Mexique et l'Amérique du Sud tropicale, une annuelle du biome subtropical d'Amérique centrale et méridionale. Dès la fin du dix-huitième siècle, la plante s'était déjà naturalisée suffisamment loin en Asie du Sud-Est pour que sa première description scientifique repose sur un spécimen indonésien plutôt qu'américain. Ce nom, géographiquement trompeur, lui est resté collé depuis.
La distinguer de la vergerette du Canada et de la vergerette poilue
Pour séparer les trois vergerettes rudérales courantes, le repère de terrain le plus fiable reste la visibilité des ligules sur le pourtour de chaque petit capitule. La Jepson eFlora, flore de Californie de l'Université de Californie, décrit chez Erigeron sumatrensis des ligules de 0 à 0,3 mm seulement, si courtes qu'elles dépassent à peine des bractées involucrales : chaque capitule ressemble alors à un simple bouton terne, crème ou verdâtre, plutôt qu'à une marguerite. Erigeron canadensis, la vergerette du Canada, affiche des ligules blanches un peu plus longues et donc plus visibles, tandis qu'Erigeron bonariensis se rapproche davantage de sumatrensis. La pilosité donne un second indice : selon Jepson, les bractées involucrales d'Erigeron sumatrensis vont de glabres à densément strigueuses ou étalées-poilues selon les populations, sur une tige et un feuillage déjà uniformément velus.
Tige, feuilles et capitules de près
Une plante adulte grandit sur une tige unique et dressée, restant le plus souvent simple jusque bien au-dessus de sa base, avant de se diviser en une grappe étroite et allongée de rameaux portant des centaines de petits capitules : une silhouette qui évoque davantage un conifère élancé qu'un arbuste arrondi. Les feuilles basses, étroitement lancéolées à oblancéolées, sont dentées ; celles situées plus haut se rétrécissent, raccourcissent et deviennent presque sessiles à mesure qu'on approche du sommet, un changement qu'on sent nettement en passant la main le long de la tige. La Jepson eFlora précise que le fruit, un petit akène, est beige pâle avec de fines nervures rougeâtres chez cette espèce, un détail qu'on distingue à la loupe une fois les capitules montés en graines, devenus duveteux et blancs avec leur pappus.
Où elle pousse aujourd'hui
Hors de son aire native, entre le Mexique et l'Amérique du Sud tropicale, cette espèce se comporte en colonisatrice classique des sols perturbés. La Royal Horticultural Society la répertorie sous le nom de Guernsey fleabane et la déclare non native de Grande-Bretagne ni d'Irlande, l'un des nombreux territoires où elle s'est installée comme mauvaise herbe introduite plutôt que comme fleur sauvage locale. L'INPN, l'inventaire national du patrimoine naturel français, la signale elle aussi naturalisée en France, sous des noms vernaculaires comme érigéron de Sumatra ou vergerette de Sumatra, et documente un hybride reconnu entre Erigeron canadensis et Erigeron sumatrensis là où les deux aires se recoupent désormais, preuve de leur proximité et de l'ampleur de leur expansion hors de leurs terres d'origine.
Un cycle de vie court, répété chaque saison
Comme ses proches parentes, Erigeron sumatrensis se comporte en annuelle stricte : une graine germe, la plante pousse sur une seule saison chaude, fleurit, produit ses graines, puis meurt, sans rien laisser derrière elle sinon un stock de graines dans le sol. Pas de souche dormante à surveiller, pas de bulbe à déterrer, pas de couronne vivace à rabattre : chaque plant visible cette année dans un massif ou une allée de gravier est parti d'une graine tombée quelques mois plus tôt. Ce cycle limité à une saison explique aussi son apparition en apparence imprévisible : il suffit qu'un sol perturbé reste nu ne serait-ce qu'une saison pour qu'une graine emportée par le vent y installe un peuplement qui, dès la fin de l'été, donne l'impression d'avoir toujours été là.
Toxicité et manipulation
La base de données des plantes toxiques et non toxiques de l'ASPCA ne mentionne pas Erigeron sumatrensis, ni sous ce nom ni sous son synonyme Conyza sumatrensis : aucune fiche ASPCA ne permet donc de confirmer ou d'exclure une toxicité pour les chats, les chiens ou les chevaux. Cette absence doit être lue comme une zone d'ombre, pas comme une garantie d'innocuité. Aucune donnée vérifiée sur une toxicité cutanée ou par ingestion chez l'humain n'a non plus été trouvée pour cette espèce précise. Face à une mauvaise herbe mal connue, la prudence habituelle s'impose : portez des gants pour arracher de grands peuplements, surtout une fois les tiges et le feuillage poilus secs et cassants, et évitez que les animaux ou les enfants ne les mâchent.
Erreurs courantes
L'erreur la plus répandue consiste à prendre toute mauvaise herbe haute et poilue à petits capitules blanchâtres pour de la vergerette du Canada, alors qu'il peut tout aussi bien s'agir d'Erigeron sumatrensis ou d'Erigeron bonariensis. Un examen à la loupe des ligules et des poils foliaires prend une minute et vaut le coup avant de choisir une méthode d'élimination, car la taille adulte typique et les conseils de gestion varient entre les trois espèces. Deuxième piège : se fier au nom donné par une seule flore de terrain. Le GBIF, les flores nationales et les références plus anciennes ne classent pas ce groupe de la même façon entre Erigeron et Conyza ; vérifier une observation par rapport au nom accepté du GBIF et à ses synonymes évite de se perdre en lisant des conseils écrits sous l'autre genre.
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Le nom scientifique accepté par le GBIF pour cette espèce est Erigeron sumatrensis, même si de nombreuses flores régionales utilisent le synonyme Conyza sumatrensis. Touchez pour révéler ✓ Vrai
L'épithète spécifique « sumatrensis » reflète l'aire native réelle de la plante en Asie du Sud-Est. Touchez pour révéler ✕ Faux
Erigeron sumatrensis a des ligules blanches voyantes et bien visibles, comme une marguerite de jardin classique. Touchez pour révéler ✕ Faux
L'ASPCA classe Erigeron sumatrensis comme toxique pour les chats et les chiens. Touchez pour révéler ✕ Faux
Erigeron sumatrensis est native de Grande-Bretagne et d'Irlande. Touchez pour révéler ✕ Faux
Sources
Références consultées pour ce guide
- GBIF : Erigeron sumatrensis Retz.gbif.org
- Plants of the World Online (Kew) : Erigeron sumatrensis Retz.powo.science.kew.org
- International Plant Names Index : Erigeron sumatrensis Retz.ipni.org
- Jepson eFlora (UC Berkeley) : Erigeron sumatrensisucjeps.berkeley.edu
- INPN (Muséum national d'Histoire naturelle) : Erigeron sumatrensis Retz.inpn.mnhn.fr
- Fiche d'entité : Wikipédiafr.wikipedia.org
Historique des révisions
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