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Gros plan d'une fleur de Brassica napus (colza), quatre pétales jaune vif devant un bouton fermé et une grappe de boutons et d'étamines chargés de pollen sur fond sombre
Photo: Didier Descouens (CC BY-SA 4.0)
7 min de lecture

Colza et rutabaga

Brassica napus

Famille · Brassicaceae

Brassica napus, c'est à la fois le colza et le rutabaga. Semis, éclaircissage, hernie du chou, altises, et récolte après le gel pour des racines plus sucrées.

Modérée Plein soleil Environ 2,5 cm par semaine ; la sécheresse rend les racines ligneuses Non répertorié par l'ASPCA ; le rutabaga est une culture fourragère courante

Brassica napus

Fiche technique

  • ArrosageModéréArrosez tous les 7 jours
  • Exposition lumineusePlein soleil

Croissance

Famille
Brassicaceae
Cycle
Bisannuelle
Vitesse de croissance
3/10
Taille adulte
50–100 cm
Diamètre du houppier
10–50 cm
Floraison
Fleurs jaune vif au printemps et en été, très appréciées des abeilles
Multiplication
  • Semis

DormancePasse l'hiver en rosette feuillue avant de fleurir au printemps suivant

Temps de maturation12 à 26 semaines pour les rutabagas ; jusqu'à 2 ans pour que le colza fleurisse et monte en graine

Sol et climat

pH du sol
pH 6–8
Types de sol
calcaire, argile, limon, sable
Tolérance à la sécheresse
Non

Lumière & Emplacement

Origine
Cultigène originaire du sud de l'Europe (hybride B. oleracea x B. rapa)
Où l'installer
  • planche potagère dégagée
  • rang de jardin familial
  • bordure de champ en culture de couverture

Sécurité

Toxicité
Non répertorié par l'ASPCA ; le rutabaga est une culture fourragère courante
Sans danger pour les animaux
Oui

Espèce envahissanteNon invasif en tant que culture de jardin, mais les graines éclatées du colza forment un stock de graines spontanées persistant qui peut continuer à germer pendant plusieurs saisons.

Données :GBIFPOWORHSNC State ExtensionIowa State University ExtensionUniversity of Minnesota Extension

Où elle pousse

Répartition mondiale

Colza et rutabaga est native d'un seul pays : France.GBIF recense 125 984 identifications documentées dans 115 pays, avec les plus fortes concentrations en Royaume-Uni, Allemagne et France.

Royaume-Uni · 48 372Allemagne · 15 710France · 15 435Suède · 8 017Pays-Bas · 5 794Belgique · 4 065Suisse · 3 454Danemark · 2 710Pologne · 2 124Russie · 1 534Corée du Sud · 1 374Espagne · 1 357États-Unis · 1 338Tchéquie · 1 191Afghanistan · 1 013Autriche · 908Japon · 838Norvège · 784Canada · 705Finlande · 690Australie · 659Ukraine · 646Italie · 514Chine · 269Irlande · 264Portugal · 264Estonie · 259Nouvelle-Zélande · 257Luxembourg · 163Hongrie · 126Roumanie · 121Mexique · 111Biélorussie · 88Slovaquie · 88Islande · 83Brésil · 67Équateur · 64Inde · 54Lettonie · 54Lituanie · 49Maroc · 46Corée du Nord · 40Algérie · 39Pakistan · 38Croatie · 37Colombie · 30Argentine · 27Turquie · 26Mongolie · 25Costa Rica · 23Taïwan · 22Grèce · 21Chili · 19Libye · 19Afrique du Sud · 18Népal · 17Iran · 16Géorgie · 15Slovénie · 13Groenland · 12Zimbabwe · 10Irak · 9Philippines · 9Uruguay · 9Cuba · 8Kazakhstan · 8Moldavie · 8Yémen · 8Israël · 7Kenya · 7Mali · 7Bangladesh · 6Bulgarie · 6Indonésie · 6Syrie · 6Viêt Nam · 6Chypre · 5Égypte · 5Pérou · 5Ouzbékistan · 5Venezuela · 5Albanie · 4Bolivie · 4Guatemala · 4Kirghizstan · 4Mozambique · 4Tunisie · 4Éthiopie · 3Serbie · 3Terres australes françaises · 3Tanzanie · 3Arménie · 2Botswana · 2Congo-Kinshasa · 2Sri Lanka · 2Arabie saoudite · 2Sénégal · 2Turkménistan · 2Azerbaïdjan · 1Bhoutan · 1Jamaïque · 1Koweït · 1Monténégro · 1Namibie · 1Thaïlande · 1
Identifications126 kPays natifs1
  • France

Points jaune-orange : concentration d'identifications documentées par pays. Pays verts : aire native sourcée. Source GBIFAire native d'après POWO (Kew).

Brassica napus désigne en réalité une seule et même espèce derrière deux usages qui n'ont rien à voir au potager : en colza, c'est cette culture qui teinte les champs de jaune au printemps et sert aussi d'engrais vert rapide et peu coûteux ; sous sa forme du groupe Napobrassica, c'est le rutabaga, une racine semée en fin de printemps et arrachée après les premières gelées d'automne ou d'hiver. Plants of the World Online, la base de données de Kew, la décrit comme un hybride stabilisé entre Brassica oleracea et Brassica rapa, un cultigène né dans le sud de l'Europe qui n'existait tout simplement pas avant ce croisement. Voilà pourquoi le rutabaga a ce goût à mi-chemin entre le chou et le navet : c'est littéralement les deux à la fois. Quelle que soit la forme cultivée, colza ou rutabaga partagent les mêmes ennemis habituels des brassicacées, hernie du chou et altise, et la même tendance à se ressemer longtemps après la fin de la culture.

Une seule espèce, deux cultures très différentes

Le GBIF retient comme nom accepté Brassica napus L., de la famille des Brassicaceae, avec les noms vernaculaires colza, navette et rutabaga qui résument à eux seuls les deux formes de la plante. Le rutabaga apparaît d'ailleurs dans la liste des synonymes de l'espèce chez GBIF sous l'appellation Brassica campestris subsp. napobrassica, l'ancien nom de ce même légume-racine, aujourd'hui classé comme groupe Brassica napus Napobrassica par la base de données végétale de la North Carolina State University. Colza et rutabaga partagent la même génétique de départ, mais leur sélection vise des extrémités opposées de la plante : la graine et l'huile pour le colza, une racine bien renflée pour le rutabaga, qu'on déterre longtemps avant qu'elle n'ait la moindre occasion de fleurir.

Semer et éclaircir les rutabagas

La RHS conseille de semer le rutabaga directement en place, de la fin du printemps au début de l'été, à environ 2 cm de profondeur, en rangs espacés de 38 cm : semer plus tôt pousse généralement les plants à monter en graine avant que la racine n'ait eu le temps de se former. Il faut éclaircir les jeunes plants en plusieurs passages dès qu'ils sont manipulables, d'abord vers 10 cm, puis à 20-25 cm d'écart pour obtenir des racines de taille normale, ou les laisser à 8-10 cm si l'on vise de petites racines primeurs. Négliger cet éclaircissage est la cause la plus courante d'une planche de rutabagas fins et fibreux au lieu de quelques belles racines : à l'étroit les unes contre les autres, elles se partagent le même espace limité et aucune ne se développe correctement.

Sol, emplacement et fertilisation

D'après la RHS, un emplacement dégagé et ensoleillé, avec un sol fertile, humide mais bien drainé, convient le mieux au rutabaga ; un sol acide doit d'ailleurs être chaulé avant le semis, pas une fois les problèmes déjà apparus. La fiche de la North Carolina State University consacrée au groupe Napobrassica indique une plage de pH exploitable d'environ 6,0 à 8,0, plus large que ce que tolèrent la plupart des brassicacées, et signale qu'une semaine sans environ 2,5 cm d'eau donne des racines fibreuses et amères plutôt que croquantes. Mieux vaut aussi éviter un sol riche et fraîchement fumé au semis : comme chez la plupart des brassicacées, un excès de meuble ou d'azote frais fait fourcher et fendre la racine du rutabaga.

Hernie du chou et altise

Rutabaga et colza traînent presque partout les deux mêmes soucis classiques des brassicacées, la hernie du chou et l'altise. La hernie du chou fait gonfler et déformer les racines en galles, sans aucun traitement possible une fois la plante touchée, et la North Carolina State University recommande d'attendre six ans avant de replanter des brassicacées sur un sol où elle s'est déclarée. L'altise, elle, touche surtout les jeunes plants : les adultes grignotent de petits trous ronds dans les jeunes feuilles, et la RHS le dit sans détour, une attaque massive peut tuer net un semis de moins de quatre vraies feuilles. La parade fiable, sans pesticide, reste la même pour les deux cultures : un filet anti-insectes posé sur les jeunes plants, associé à un arrosage régulier, car les altises préfèrent nettement le sol sec et les semis stressés aux plants qui poussent vigoureusement.

Récolter les rutabagas après le gel

Le rutabaga met environ six mois pour arriver à maturité et se récolte en général dès le début de l'automne, mais ce sont les racines laissées le plus longtemps en terre qui ont le meilleur goût. L'Iowa State University Extension explique la raison sans détour : les gelées légères transforment une partie de l'amidon de la racine en sucre, si bien qu'un rutabaga arraché après quelques fortes gelées se révèle nettement plus sucré et plus doux qu'un légume récolté par temps chaud. Les racines peuvent rester en terre tout l'hiver moyennant une protection contre le gel intense, ou être arrachées puis conservées autour de 0 à 2 °C sous forte humidité, où elles tiennent deux à quatre mois, plus longtemps que presque toute autre culture-racine issue du même semis.

Le colza comme engrais vert et culture de couverture

Semé pour son huile, le colza reste une culture de plein champ ; semé dans une planche du potager sans intention de le récolter, il devient un engrais vert. L'University of Minnesota Extension le range parmi les options rapides de saison fraîche pour un jardin démarré tard en été, car il germe et couvre le sol vite une fois les températures redescendues, et il peut même survivre à un hiver doux plutôt que disparaître totalement. La réserve reste celle qui vaut pour tout engrais vert de la famille des brassicacées : la RHS avertit qu'une planche d'engrais vert brassicacée ne doit jamais précéder directement une culture légumière de la même famille, sous peine d'augmenter précisément le risque de hernie du chou que la rotation cherche à éviter.

Pourquoi le colza spontané revient sans cesse

Quiconque a semé du colza en couverture, ou jardiné à proximité d'un champ, reconnaîtra ces jeunes plants jaunes qui réapparaissent des années plus tard sans qu'on les ait invités. L'University of Minnesota Extension met des chiffres sur ce phénomène : une culture commerciale de colza perd en moyenne environ 350 kg de graines par hectare à cause de l'éclatement des siliques lors de la récolte, et chaque plant spontané qui échappe au désherbage peut lui-même produire entre 500 et 2 000 graines de plus. Des recherches menées en Saskatchewan, citées dans le même rapport de vulgarisation, ont mesuré une viabilité de 44 %, 1,4 % puis 0,2 % après un, deux et trois hivers enfouies dans le sol, ce qui explique à la fois pourquoi les repousses diminuent sans disparaître d'un coup, et pourquoi il faut empêcher une parcelle de se ressemer sur deux années de suite pour venir vraiment à bout du stock de graines : une seule saison de vigilance ne suffit jamais.

Pollinisateurs et le mythe du rhume des foins

Les fleurs jaune vif du colza sont, selon les termes mêmes de la RHS, très prisées des abeilles, et une planche ou un champ en fleurs attire bien plus d'insectes pollinisateurs qu'une simple étendue de terre nue ou d'herbe. C'est justement cette pollinisation par les insectes qui dément la réputation du colza comme déclencheur de rhume des foins : dépendant des abeilles et d'autres insectes pour transporter son pollen, il produit des fleurs voyantes et des grains de pollen lourds et collants, à l'opposé du pollen fin et volatile que graminées et arbres libèrent par milliards, faute justement d'avoir un insecte pour faire le travail à leur place. Sa saison de floraison coïncide avec les pics de pollen du bouleau, du chêne et des graminées, ce qui explique sans doute pourquoi une plante devant laquelle la plupart des gens passent sans éternuer se retrouve accusée de symptômes en réalité causés par quelque chose de bien moins visible, poussant tout près.

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Le rutabaga et le colza sont la même espèce, Brassica napus, simplement sélectionnée pour des parties différentes de la plante. Touchez pour révéler
GBIF liste Brassica napus avec l'ancien nom du rutabaga, Brassica campestris subsp. napobrassica, parmi ses synonymes, et la North Carolina State University répertorie le rutabaga comme le groupe Brassica napus Napobrassica.
Un fongicide peut guérir la hernie du chou une fois que les racines d'un rutabaga se sont déjà gonflées et déformées en galles. Touchez pour révéler
Il n'existe aucun remède chimique une fois la plante infectée par la hernie du chou ; la North Carolina State University recommande la prévention et un délai de six ans avant de ramener des brassicacées sur un sol touché.
Les gelées légères rendent les racines de rutabaga plus sucrées en convertissant une partie de leur amidon en sucre. Touchez pour révéler
L'Iowa State University Extension indique que les gelées légères adoucissent la saveur des racines de navet et de rutabaga par cette conversion de l'amidon en sucre, ce qui explique pourquoi les jardiniers les laissent en terre jusqu'en automne.
Une planche de colza cultivée comme engrais vert doit être enfouie puis suivie immédiatement de choux ou d'une autre culture de brassicacée. Touchez pour révéler
La RHS avertit que les engrais verts de la famille des brassicacées ne doivent pas être suivis directement de légumes de la même famille, car cela accroît la hernie du chou dans le sol plutôt que de la maîtriser.
Le pollen collant du colza, transporté par les insectes, est une cause majeure du rhume des foins d'origine éolienne. Touchez pour révéler
Le colza est pollinisé par les abeilles et d'autres insectes selon la RHS, et son pollen lourd et collant se prête mal à la dispersion par le vent, contrairement au pollen fin diffusé dans l'air par les graminées et les arbres qui fleurissent à la même période.

Sources

Références consultées pour ce guide

Historique des révisions

Ce qui a changé dans ce guide depuis sa publication.

  1. Relecture et réécriture pour plus de clarté

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