Courgette et courge
Cucurbita pepo
Famille · Cucurbitaceae
Un seul plant de Cucurbita pepo suffit à nourrir une famille. Sol chaud au semis, arrosage au pied, pollinisation manuelle, récolte jeune et régulière.
Cucurbita pepo
Fiche technique
- ArrosageÉlevéArrosez tous les 4 jours
- Exposition lumineusePlein soleil
Croissance
- Famille
- Cucurbitaceae
- Cycle
- Annuelle
- Vitesse de croissance
- 8/10
- Multiplication
- Semis
Taille adulteAnnuelle buissonnante ou rampante ; les types buissonnants sont compacts, les citrouilles et courges d'hiver s'étalent largement
FloraisonFleurs mâles et femelles jaunes séparées sur le même plant, pollinisées par les insectes
DormanceAucune ; annuelle sensible au gel, détruite d'un coup par la première gelée d'automne
Temps de maturationEnviron 55 jours de la graine à la première récolte pour les types d'été (Clemson HGIC) ; les citrouilles et autres types d'hiver restent sur la liane bien plus longtemps, jusqu'à ce que l'écorce durcisse complètement
Sol et climat
- Types de sol
- bien drainé, retenant l'humidité, riche en matière organique
- Tolérance à la sécheresse
- Non
Lumière & Emplacement
- Origine
- Mexique, cultigène non connu à l'état sauvage (POWO)
- Où l'installer
- carré potager ensoleillé
- buttes espacées de 90 cm à 1,2 m pour les types rampants
- contenant de 50 cm ou plus pour les courges d'été buissonnantes
Sécurité
- Toxicité
- ChatsSans danger
- ChiensSans danger
- ChevauxSans danger
Espèce envahissanteNon invasive ; un légume annuel cultivé qui ne persiste ni ne se propage en dehors de la culture.
Où elle pousse
Répartition mondiale
Courgette et courge est native d'un seul pays : Mexique.GBIF recense 24 342 identifications documentées dans 160 pays, avec les plus fortes concentrations en États-Unis, Suède et Espagne.
- Mexique
Points jaune-orange : concentration d'identifications documentées par pays. Pays verts : aire native sourcée. Source GBIFAire native d'après POWO (Kew).
Pendant ses deux premières semaines, un jeune plant de courge n'a rien d'impressionnant : deux cotylédons ronds sur une tige épaisse et velue. Puis les vraies feuilles apparaissent, et la plante double de volume tous les quelques jours. Peu importe le nom lu sur le sachet, courgette, zucchini, courge à moelle, citrouille ou courge poivrée, il s'agit presque toujours de la même espèce, Cucurbita pepo, qui traverse les mêmes étapes à chaque fois : un sol chaud pour germer, des fleurs mâles et femelles séparées qui dépendent des abeilles pour donner un fruit, et une fenêtre de récolte très courte entre la courgette parfaite et le fruit laissé grossir en une massue graineuse sur la liane. Surveillé et cueilli chaque jour ou presque, un seul plant en bonne santé produit largement de quoi dépasser ce qu'un foyer peut manger frais.
Une même espèce, de la courgette à la citrouille
Le GBIF classe Cucurbita pepo L. dans la famille des Cucurbitacées, genre Cucurbita, ordre des Cucurbitales, aux côtés d'anciens synonymes comme Cucurbita aurantia ou Cucumis pepo, témoins de deux siècles de reclassements botaniques d'une même plante. Plants of the World Online (Kew) la répertorie comme un cultigène originaire du Mexique, autrement dit cultivée depuis si longtemps qu'on ne la trouve plus nulle part à l'état sauvage ; ses parents sauvages les plus proches poussent au Mexique et dans le sud des États-Unis. Les courgettes et les courges à cou tordu jaunes, cueillies jeunes, tout comme les citrouilles et courges poivrées laissées sur la liane jusqu'à ce que leur peau épaississe en écorce, ne sont pas des espèces distinctes : c'est la même plante, récoltée à un stade différent et, pour les citrouilles, sous une forme de fruit particulière. Côté sécurité, rien à signaler non plus : l'ASPCA classe la courge comme non toxique pour les chats, les chiens et les chevaux, contrairement à d'autres cucurbitacées vendues comme courges ornementales.
Semer une fois le sol chaud, planter après les dernières gelées
La Clemson Cooperative Extension HGIC fixe à 15,5 °C, mesurée à 10 cm de profondeur, la température minimale du sol pour semer la courge, un seuil nettement au-dessus de ce qu'offrent la plupart des sols en tout début de printemps ; semer dans un sol froid et humide bloque la graine sans forcément la tuer. On sème à environ 1,3 cm de profondeur, avec 10 à 15 cm d'espacement dans le rang, avant d'éclaircir à 30-38 cm dès l'apparition des premières vraies feuilles, ou de repiquer à 38 cm ; les rangs se placent à environ 90 cm d'écart, ou, pour les types rampants comme la citrouille et les courges d'hiver, en buttes espacées de 90 cm à 1,2 m avec 1,2 à 1,8 m entre les rangs. Aucune de ces opérations ne devrait avoir lieu avant les dernières gelées : un jeune plant de courge frappé par un coup de froid tardif reste pâle et chétif pendant des semaines au lieu de reprendre rapidement sa croissance.
Arroser au pied, jamais sur le feuillage
Les racines de la courge puisent l'humidité sur environ 15 cm de profondeur, et Clemson conseille d'arroser à la base du plant plutôt que par-dessus, pour éviter toute sécheresse au moment critique de la nouaison et du développement des fruits. En période sèche, l'extension retient 2,5 cm d'eau par semaine comme repère pour prévenir la nécrose apicale, cette pourriture sombre et sèche qui se forme à l'extrémité florale du fruit quand un arrosage irrégulier prive la courge en croissance de calcium suffisant. Un sol corrigé vers un pH de 6,5, une couche de paillis pour ralentir l'évaporation, et un arrosage régulier plutôt qu'en tout ou rien traitent bien mieux ce problème qu'aucune pulvérisation.
Oïdium, et les deux causes possibles de nécrose apicale
L'oïdium se manifeste par un revêtement blanc et poudreux sur le dessus des feuilles et sur les tiges, rabougrissant et déformant tout ce qu'il recouvre ; Clemson précise qu'il progresse le plus vite entre 10 et 32 °C, lors de périodes sèches combinées à une forte humidité, et que les courges plantées tardivement dans la saison sont les plus exposées. Une fois les feuilles atteintes, aucun traitement curatif n'existe, seulement de la prévention : variétés résistantes, fongicide préventif comme le chlorothalonil ou le cuivre appliqué avant les premiers symptômes, et nettoyage des plants infectés après récolte pour ne pas transmettre le champignon à la saison suivante. La nécrose apicale par carence en calcium, décrite plus haut, n'explique pas à elle seule pourquoi une petite courge pourrit par la pointe et tombe. Comme chaque fruit de Cucurbita pepo dépend d'une abeille pour transporter le pollen d'une fleur mâle vers une fleur femelle, une fleur trop peu visitée forme trop peu de graines ; le minuscule fruit qu'elle porte stagne, jaunit et pourrit par l'extrémité florale en quelques jours, un problème qu'aucun arrosage ni apport de calcium ne peut corriger.
Pyrale de la courge et chrysomèles du concombre, deux ravageurs à surveiller
La pyrale de la courge, ravageur nord-américain largement méconnu des jardiniers européens, reste sérieux là où elle sévit : Clemson décrit une larve blanche et trapue de plus de 2,5 cm qui creuse une galerie dans la tige, si bien qu'une liane flétrissant soudainement, avec un amas de sciure près d'un trou dans la tige, constitue le signe révélateur, souvent avant même d'apercevoir le papillon adulte. En Caroline du Sud, elle produit deux générations par an, avec une émergence des papillons fin mai ; biner le sol en fin d'hiver pour exposer les chrysalides en dormance, faire tourner l'emplacement de culture de la courge, et retirer rapidement une liane infestée contribuent tous à casser le cycle, et Clemson note que la courge musquée et la courge Cushaw à rayures vertes y sont pratiquement immunisées. Les chrysomèles du concombre posent un problème distinct : tachetées (onze points noirs, tête noire), rayées (trois bandes noires) ou zonées (trois bandes vertes), elles s'attaquent à toutes les parties de la plante et propagent le flétrissement bactérien au passage, pendant que leurs larves s'en prennent aux racines sous terre. Des voiles de forçage en polyester filé protègent les jeunes plants, mais Clemson est catégorique : il faut les retirer dès le début de la floraison, sinon la plante perd ses pollinisateurs en même temps que ses ravageurs.
Polliniser à la main en l'absence de pollinisateurs
Un plant de courge porte des fleurs mâles et femelles distinctes, la femelle se repérant facilement au minuscule fruit déjà renflé derrière ses pétales, et Clemson ne tourne pas autour du pot sur la conséquence : sans abeille pour transporter le pollen de l'une à l'autre, pas de fruit. Par un printemps frais et pluvieux, ou dans un jardin peu fréquenté par les pollinisateurs, on peut reproduire le geste à la main : ouvrir une fleur mâle, en écarter les pétales, puis toucher son centre chargé de pollen directement au centre d'une fleur femelle tout juste ouverte. Une seule fleur mâle porte assez de pollen pour plusieurs femelles, et l'opération réussit mieux le matin, tant que les fleurs restent grandes ouvertes, la plupart se refermant dès l'après-midi sans jamais se rouvrir.
Récolter jeune, un seul plant suffisant pour la famille
Le guide de tailles de Clemson pour les types d'été indique environ 4 à 5 cm de diamètre pour les courges à cou tordu et à cou droit, 18 à 20 cm de long pour les courgettes, et 7,5 à 10 cm de diamètre pour les types en forme de disque, à vérifier et couper chaque jour ou tous les deux jours une fois la fructification lancée. Récolter petit ne relève pas que du goût : un seul fruit surdimensionné laissé sur la liane signale à la plante de ralentir, voire d'arrêter de nouer de nouveaux fruits, si bien qu'une liane récoltée en continu reste productive bien plus longtemps qu'une liane laissée porter quelques courges géantes. Cette même logique de récolte quotidienne explique pourquoi un seul plant de courgette, plutôt qu'un rang entier, suffit généralement à un foyer ; un fruit coupé tient environ une semaine au réfrigérateur dans un sac plastique, ce qui devient souvent le vrai facteur limitant, plus que la capacité de production de la plante.
Sécher citrouilles et courges poivrées avant de les stocker pour l'hiver
Les types d'hiver se jugent au toucher plutôt qu'au calendrier : Clemson décrit une peau mûre de courge d'hiver ou de citrouille comme trop dure pour être marquée par un ongle, la surface passant du brillant au terne et au sec, les citrouilles affichant en plus une couleur orange foncé uniforme sur tout le fruit. Il faut couper le fruit, jamais l'arracher, en laissant un bout de tige, puis le laver à l'eau savonneuse, l'essuyer ou le tremper dans une solution diluée d'eau de Javel, environ 20 ml pour 4 litres d'eau, avant de le laisser sécher à l'air libre. Vient ensuite l'étape de séchage proprement dite selon Clemson : environ dix jours entre 27 et 29 °C, avec 75 à 80 % d'humidité relative, durcissent complètement l'écorce ; la courge se conserve alors huit semaines ou plus dans un endroit plus frais, entre 10 et 13 °C et 50 à 75 % d'humidité, à condition de ne jamais dépasser 35 °C ni descendre sous 10 °C entre-temps. Sauter cette étape de séchage pour passer directement au stockage au froid reste la raison la plus fréquente pour laquelle une citrouille du potager pourrit en quelques semaines au lieu de tenir tout l'hiver.
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La graine de courge germe plus vite dans un sol froid et humide juste après le dégel. Touchez pour révéler ✕ Faux
Une petite courge qui jaunit et pourrit par l'extrémité florale peut être le signe d'un manque de visites d'abeilles, et non d'une maladie. Touchez pour révéler ✓ Vrai
Un flétrissement soudain d'une liane avec des débris ressemblant à de la sciure près d'un trou dans la tige indique généralement la pyrale de la courge. Touchez pour révéler ✓ Vrai
Les courges d'hiver et les citrouilles peuvent passer directement de la liane à la conservation au froid sans étape de séchage. Touchez pour révéler ✕ Faux
Sources
Références consultées pour ce guide
- GBIF : Cucurbita pepo L.gbif.org
- ASPCA : plantes toxiques et non toxiques, courge poivréeaspca.org
- Clemson Cooperative Extension HGIC : Summer Squashhgic.clemson.edu
- Clemson Cooperative Extension HGIC : Cucumber, Squash, Melon & Other Cucurbit Insect Pestshgic.clemson.edu
- Clemson Cooperative Extension HGIC : Cucumber, Squash, Melon & Other Cucurbit Diseaseshgic.clemson.edu
- Clemson Cooperative Extension HGIC : Pumpkins & Winter Squashhgic.clemson.edu
- Fiche d'entité : Wikipédiafr.wikipedia.org
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