Figuier commun
Ficus carica
Famille · Moraceae
Le figuier (Ficus carica) fructifie mieux racines restreintes, palissé sur un mur chaud : Brown Turkey, Violette de Bordeaux, sève irritante, rouille.
Ficus carica
Fiche technique
- ArrosageModéréArrosez tous les 4 jours
- Exposition lumineusePlein soleil
- Température idéale-10–-5 °C
- Zone de rusticitéUSDA 7–10
Croissance
- Famille
- Moraceae
- Cycle
- Vivace
- Vitesse de croissance
- 7/10
- Taille adulte
- 300–900 cm
- Diamètre du houppier
- 300–900 cm
- Multiplication
- Bouturage
- Marcottage
FloraisonFleurs cachées à l'intérieur de la figue elle-même ; deux vagues de fruits par an, une récolte breba précoce et une récolte principale plus tardive
Dormancecaduc, sans feuilles pendant la dormance hivernale
Temps de maturationFructifie en quelques années, plus tôt avec racines restreintes en pot ou en fosse
Sol et climat
- pH du sol
- pH 5.5–7.5
- Types de sol
- terreau
- Tolérance à la sécheresse
- Oui
Lumière & Emplacement
- Origine
- Méditerranée orientale jusqu'en Asie centrale et à l'ouest de l'Himalaya
- Où l'installer
- Serre lumineuse non chauffée ou véranda, uniquement pour l'hivernage d'un sujet en pot
- Palissé en éventail contre un mur exposé sud ou ouest
- Terrasse ensoleillée et abritée, dans un grand pot
- Terreau de rempotage sans tourbe, à base de terre franche
Sécurité
- Toxicité
- HumainsToxique
Espèce envahissanteRépertorié comme invasif en Floride et en Californie
Données :Ficus carica, GBIF Backbone TaxonomyRHSNC State Extension Gardener Plant ToolboClemson HGICUT Gardens, University of TennesseeUniversity of Arkansas Cooperative Exten
Où elle pousse
Répartition mondiale
Figuier commun est native de 14 pays : Afghanistan, Chypre, Géorgie, Grèce, Inde, Irak, Iran et Liban….GBIF recense 111 560 identifications documentées dans 148 pays, avec les plus fortes concentrations en France, Espagne et Italie.
- Afghanistan
- Chypre
- Géorgie
- Grèce
- Inde
- Irak
- Iran
- Liban
- Pakistan
- Russie
- Tadjikistan
- Territoires palestiniens
- Turkménistan
- Turquie
Points jaune-orange : concentration d'identifications documentées par pays. Pays verts : aire native sourcée. Source GBIFAire native d'après POWO (Kew).
À la sortie de son pot de pépinière, un jeune figuier n'a rien d'impressionnant : quelques feuilles lobées, parfois deux ou trois petits nodules verts au bout des tiges. Ce sont pourtant ces nodules qui comptent, bien davantage que le feuillage. Chez le Ficus carica, la logique s'inverse par rapport à la plupart des arbres fruitiers : des racines libres de s'étaler produisent un bel arbre touffu qui fructifie tard et peu, tandis qu'un sujet délibérément gardé à l'étroit au niveau racinaire, dans une fosse chemisée de dalles ou simplement en pot, met toute son énergie dans la maturation des fruits plutôt que dans le bois. Une fois ce compromis assimilé, tout le reste de la culture du figuier s'éclaire : le choix de la variété, le palissage contre un mur, la façon de passer l'hiver.
Choisir sa variété : Brown Turkey et Violette de Bordeaux
Le GBIF retient pour cette espèce le simple nom de Ficus carica L., avec Fig, Edible Fig et Common Fig parmi les noms vernaculaires anglais recensés. Des sources plus anciennes le désignent aussi sous Ficus vulgaris ou Ficus carica var. caprificus, deux appellations qui servaient jadis à distinguer les formes sauvages des formes cultivées d'un même arbre. Du côté des cultivars de jardin, Brown Turkey figure parmi les plus vendus : peau brune, chair sucrée, et surtout une production régulière qui ne demande pas d'attention particulière. Violette de Bordeaux, cultivar d'origine française, produit un fruit plus petit, violet-noir foncé, à la chair rose à rouge. La RHS le classe H4, rustique sur la majeure partie du Royaume-Uni et capable d'encaisser environ -10 à -5 °C, une résistance au froid supérieure à celle de nombreux autres cultivars. Palissé en éventail sur un mur chaud ou cultivé les racines contenues en pot, il commence à fructifier dès son jeune âge.
Restreindre les racines pour favoriser le fruit, pas le feuillage
La technique classique pour obliger un figuier à fructifier consiste à creuser une fosse d'environ 60 cm de côté et de profondeur, puis à en chemiser les parois avec des dalles posées sur chant, en dépassant d'environ 2,5 cm au-dessus du sol pour que les racines ne puissent pas s'échapper par-dessus. On remblaie ensuite de terre avant de planter dans cette poche confinée. Selon la RHS, mieux vaut inspecter de temps à autre le tour des dalles à la recherche de racines évadées, les sectionner puis reboucher la brèche : il suffit qu'une seule racine touche la pleine terre pour que toute l'opération perde son sens. Un grand pot fait le même travail sans terrassement : on démarre un jeune sujet dans un contenant d'environ 30 cm garni d'un terreau sans tourbe à base de terre franche, on rempote dans un conteneur un peu plus grand tous les deux ans environ, puis, dès que l'arbre atteint une taille gérable, on arrête de rempoter pour se contenter de le soulever tous les un à deux ans afin de tailler les racines et de changer le terreau.
Le palisser en éventail contre un mur chaud
Sauf dans les jardins les plus doux, un figuier laissé libre de sa forme donne rarement une récolte qui vaille le détour. La RHS recommande plutôt de le conduire en éventail contre un mur ou une clôture orientés sud ou ouest, à l'abri du vent, là où la chaleur renvoyée par la maçonnerie aide le bois à s'aoûter et les fruits à prendre couleur. Tendez des fils horizontaux tous les 30 cm environ et attachez chaque nouvelle pousse à mesure qu'elle s'allonge, en veillant à bien les répartir plutôt qu'à les laisser s'emmêler. C'est cette combinaison, racines restreintes et palissage mural, qui permet à un figuier de fructifier en quelques années au lieu de mettre dix ans à s'installer.
Récolte breba et récolte principale : ce qui arrive vraiment à maturité
Deux vagues de fruits bien distinctes apparaissent sur un même figuier. La première, dite breba, naît de minuscules figues grosses comme un pois, formées au bout des pousses à la fin de l'été précédent et restées sur le bois tout l'hiver ; avec un printemps correct, elles grossissent et mûrissent en premier. Vient ensuite la récolte principale, formée plus tard sur les pousses de l'année, qui sous un climat frais a rarement le temps d'arriver à maturité avant les premiers froids d'automne. C'est elle qui génère le plus de déceptions : passé la mi-automne, une figue encore dure et verte ne mûrira jamais et ne traversera pas l'hiver utilement, d'où le conseil de la RHS de supprimer à ce moment-là toute figue plus grosse qu'un pois. Laissées en place, elles épuisent l'arbre pour rien ; retirées, elles lui conservent à la fois son énergie et sa tenue au froid. En revanche, on garde volontairement les toutes petites figues de la taille d'un pois au bout des pousses : ce sont elles qui donneront la prochaine récolte breba, et dans les régions froides, elles profitent du même paillage de paille ou de fougère posé pour protéger le bois durant l'hiver.
Taille de fin d'hiver, et une mise en garde sur la sève
On taille un figuier en éventail en toute fin d'hiver, ou tout au début du printemps, avant que la sève ne reparte. Il faut rabattre environ un tiers des pousses de l'année précédente à un chicot d'à peu près 2,5 cm pour forcer une repousse de remplacement, supprimer celles qui filent droit vers le mur sans jamais fleurir, et couper sévèrement le vieux bois nu jusqu'à des chicots de 5 à 8 cm pour le rajeunir. Gants et avant-bras couverts sont de rigueur : chaque coupe libère un latex blanc et collant chargé de furanocoumarines, des molécules qui rendent la peau photosensible. Exposé au soleil après contact, ce latex provoque une phytophotodermatite, une brûlure retardée, cloquante, parfois fortement pigmentée, déjà constatée chez des jardiniers ayant manipulé du bois de figuier à mains nues. Mieux vaut rincer toute projection sur-le-champ plutôt que d'attendre une éventuelle réaction. Pour les animaux, l'ASPCA ne propose aucune fiche propre à Ficus carica ; sa page intitulée « Fig » décrit en fait le figuier pleureur, Ficus benjamina, une espèce totalement différente. Considérez donc la sève du figuier commun comme un danger pour la peau humaine plutôt qu'une toxicité animale avérée, tout en évitant par simple prudence que vos bêtes ne grignotent des tiges coupées ou des feuilles tombées au sol.
Arrosage en pot et fertilisation
En conteneur, le figuier ne dispose que d'un faible volume de terre, qui chauffe et sèche vite au soleil d'été : contrôlez-le chaque jour dès qu'il fait chaud et sec, et arrosez de quoi maintenir une humidité constante. La RHS insiste sur un point : jamais de soucoupe pleine sous le pot, surtout en hiver, saison où des racines noyées posent plus de problèmes que des racines sèches. D'après la Clemson Cooperative Extension, un manque d'eau se traduit simplement par une chute de feuilles, un signal visible et réversible plutôt qu'une catastrophe, même si un arbre défolié à répétition pendant un été sec ne parviendra pas à bien mûrir ses fruits cette saison-là. La restriction racinaire visant justement à brider la vigueur de l'arbre, mieux vaut nourrir avec modération : un engrais copieux et régulier sur un figuier en pot ou en fosse le pousse à produire du bois neuf au détriment du fruit que ses racines devaient justement favoriser.
Protection hivernale et rusticité
La NC State Extension situe Ficus carica entre les zones USDA 7a et 10b en plein air, avec des écarts selon les cultivars : la RHS attribue ainsi à Violette de Bordeaux la cote H4, rustique sur la majeure partie du Royaume-Uni jusqu'à environ -10 °C. Quand les hivers locaux dépassent la limite tolérée par un cultivar, la parade pour un sujet en pot consiste à le rentrer dans une serre froide, un abri ou une véranda, de l'automne jusqu'après la dernière gelée du printemps. Un figuier palissé qu'on ne peut pas déplacer est plutôt enveloppé, une fois défeuillé, dans une épaisse couche de paille ou de fougère tenue par un filet ou un voile, qu'on retire peu à peu dès que les gelées cessent. Ce sont justement les minuscules figues de la taille d'un pois, promises à devenir la prochaine récolte breba, qui craignent le plus le gel sur toute la plante, et donc celles que cet emballage protège en priorité.
Rouille du figuier et guêpes
La rouille se repère à de petites taches anguleuses jaune-vert sur le dessus des feuilles, qui s'étendent puis virent au jaune, à l'orange, parfois au brun à mesure que la saison avance, avec de minuscules pustules fongiques visibles en dessous. D'après la University of Arkansas Cooperative Extension, les feuilles très atteintes meurent et tombent tôt, et un arbre ainsi dégarni risque de produire un feuillage neuf trop tardif pour s'aoûter avant le gel, ce qui le fragilise pour l'hiver suivant. Deux traitements au fongicide cuprique, le premier une fois les jeunes feuilles de printemps à leur taille définitive et le second trois à quatre semaines après, constituent la fenêtre de lutte habituelle. La NC State Extension range d'ailleurs la rouille parmi les maladies connues de l'espèce, avec le chancre et les taches foliaires. Les guêpes, quant à elles, posent un problème au moment de la cueillette plutôt que pendant la culture : un fruit fendu ou resté trop longtemps sur l'arbre les attire, donc récolter dès que les figues ramollissent et se détachent limite les dégâts. Les cultivars de jardin sont de toute façon parthénocarpiques, capables de nouer leurs fruits sans aucune pollinisation, ce qui les rend totalement indépendants de la guêpe spécialisée qui pollinise ailleurs les figues sauvages et les caprifiguiers commerciaux.
Testez vos connaissances en plantes
Touchez une carte pour la retourner et révéler la réponse.
Restreindre les racines d'un figuier, en fosse ou en pot, tend à favoriser la fructification plutôt que la croissance foliaire. Touchez pour révéler ✓ Vrai
Dans un climat frais, la récolte principale qui se forme sur les pousses de l'année en cours mûrit presque toujours complètement en extérieur. Touchez pour révéler ✕ Faux
En automne, la RHS conseille de retirer les figues embryonnaires de la taille d'un pois et de laisser hiverner les plus grosses encore vertes. Touchez pour révéler ✕ Faux
Les tiges de figuier coupées libèrent un latex laiteux pouvant provoquer une réaction cutanée retardée et cloquante après exposition au soleil. Touchez pour révéler ✓ Vrai
La base de données de l'ASPCA sur les poisons comporte une fiche dédiée confirmant que Ficus carica est toxique pour les chats et les chiens. Touchez pour révéler ✕ Faux
Sources
Références consultées pour ce guide
- Ficus carica, GBIF Backbone Taxonomygbif.org
- RHS : How to grow figsrhs.org.uk
- RHS : Figs, pruning and trainingrhs.org.uk
- RHS : Ficus carica 'Violette de Bordeaux'rhs.org.uk
- NC State Extension Gardener Plant Toolbox : Ficus carica (Common Fig)plants.ces.ncsu.edu
- Clemson HGIC : Plants that Tolerate Droughthgic.clemson.edu
- UT Gardens, University of Tennessee : Common Fig, Ficus caricautgardens.tennessee.edu
- University of Arkansas Cooperative Extension : Fig Rustuaex.uada.edu
- Fiche d'entité : Wikipédiafr.wikipedia.org
Historique des révisions
Ce qui a changé dans ce guide depuis sa publication.
- Relecture et réécriture pour plus de clarté

